Mortalité d’oiseaux protégés : l’État impose l’arrêt d’un parc éolien après l’échec des mesures de protection
Paris le 13/01/2026– L’État a contraint par arrêté préfectoral les éoliennes du parc du Vigeant, dans le département de la Vienne, à un arrêt quotidien de six mois, de 10h à 15h, après avoir constaté une mortalité élevée, persistante et insuffisamment maîtrisée d’oiseaux protégés, notamment du Milan noir, a confirmé la préfecture.
Selon les données officielles issues du suivi environnemental post-implantation, au moins vingt milans noirs ont été retrouvés morts entre 2023 et août 2025 au pied des éoliennes. L’administration souligne toutefois que ces chiffres sont largement sous-évalués : en tenant compte des biais de détection reconnus par les services de l’État, la mortalité réelle est estimée entre 32 et 76 individus au minimum, et pourrait être bien plus élevée à l’échelle du parc, compte tenu du nombre de cadavres non retrouvés..
Espèce strictement protégée au niveau national et européen, le Milan noir figure à l’annexe I de la directive Oiseaux. Malgré les dispositifs de réduction d’impact présentés par l’exploitant comme protecteurs – arrêts temporaires ciblés, suivi comportemental de l’avifaune, mesures d’évitement – l’arrêté préfectoral constate que ces mesures se sont révélées insuffisantes, inefficaces ou inadaptées, et que des impacts résiduels significatifs persistent sur les espèces protégées.
Face à la répétition des collisions mortelles, l’État a imposé une restriction inédite du fonctionnement des éoliennes durant les heures de vol du Milan noir, reconnaissant de fait que le fonctionnement normal du parc est incompatible avec la préservation effective de cette espèce menacée sur le site concerné.
Ce dossier fragilise les arguments régulièrement avancés par les promoteurs de l’éolien selon lesquels les impacts sur l’avifaune seraient marginaux, maîtrisés ou compensables. Il montre au contraire que, même après autorisation administrative et sous contrôle renforcé, des installations industrielles peuvent continuer à provoquer une mortalité élevée d’espèces strictement protégées.
Pour la Fédération Environnement Durable , cette décisison relance le débat sur l’implantation des parcs éoliens ainsi que sur la fiabilité réelle des engagements environnementaux pris par les promoteurs des procédures d’autorisation.